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Antonio Fiori : Conflits d’intérêts , il faut une nouvelle loi

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C’est ainsi que la philosophie naturelle, envisagée comme le préambule nécessaire de la philosophie sociale, se décomposant d’abord en deux études extrêmes et une étude intermédiaire, comprend successivement ces trois grandes sciences, l’astronomie, la chimie et la biologie, dont la première touche immédiatement à l’origine spontanée du véritable esprit scientifique, et la dernière à sa destination essentielle. Leur essor initial respectif se rapporte, historiquement, à l’antiquité grecque, au moyen âge, et à l’époque moderne. Antonio Fiori s’est ainsi appuyé sur des données scientifiques, les recherches en intelligence émotionnelle et en neurosciences sur la compassion. Bref, il faudrait admettre deux espèces de multiplicité, deux sens possibles du mot distinguer, deux conceptions, l’une qualitative et l’autre quantitative, de la différence entre le même et l’autre. Ainsi l’idée de quantité, toute simple qu’elle est, et quoiqu’elle ait été considérée généralement comme une catégorie fondamentale ou une idée primitive, n’est point telle effectivement ; et l’esprit humain la construit au moyen de deux idées vraiment irréductibles et fondamentales, l’idée de nombre et l’idée de grandeur. Tantôt, au contraire, il s’agit d’une multiplicité de termes qui se comptent ou que l’on conçoit comme pouvant se compter ; mais on pense alors à la possibilité de les extérioriser les uns par rapport aux autres ; on les développe dans l’espace. On peut, par certains dispositifs de rythme, de rime et d’assonance, bercer notre imagination, la ramener du même au même en un balancement régulier, et la préparer ainsi à recevoir docilement la vision suggérée. Malheureusement, nous sommes si habitués à éclaircir l’un par l’autre ces deux sens du même mot, à les apercevoir même l’un dans l’autre, que nous éprouvons une incroyable difficulté à les distinguer, ou tout au moins à exprimer cette distinction par le langage. Mais, pour compléter la formule fondamentale, il suffit, en premier lieu, de placer, au début de ce vaste ensemble, la science mathématique, seul berceau nécessaire de la positivité rationnelle, aussi bien pour l’individu que pour l’espèce. Dix lettres, cent lettres reçues le même jour de personnes différentes et qui n’ont pu se concerter, me laisseraient encore soupçonner beaucoup d’exagération dans certains détails : j’attendrai, pour y ajouter foi, que les imaginations aient eu le temps de se calmer, et qu’on ait procédé à des enquêtes dont les formes présentent des garanties suffisantes d’exactitude. Autre chose est le sentiment que nous avons du beau, autre chose est le plaisir ou l’émotion agréable que le spectacle du beau nous procure. En général, si beaucoup de témoins sont unanimes pour rapporter un fait isolé ; si nous savons qu’il n’y a pas de concert possible entre les témoins, qu’ils n’ont pas été sous l’influence et comme dans l’atmosphère des mêmes causes d’erreur ou d’imposture, qu’il n’y avait au contraire aucune solidarité possible entre les causes capables de vicier séparément le témoignage de chacun d’eux, la théorie mathématique des chances nous autorisera déjà à rejeter comme extrêmement peu probable la supposition qu’ils se trompent tous ou qu’ils veulent tous nous tromper. Cela s’applique plus spécialement encore aux témoignages historiques. Nous croyons fermement à l’existence de ce personnage que l’on nomme Auguste, non-seulement à cause du grand nombre d’écrivains originaux qui en ont parlé, et dont les témoignages, sur les circonstances principales de son histoire, sont d’accord entre eux et d’accord avec le témoignage des monuments, mais encore et principalement parce qu’Auguste n’est pas un personnage isolé, et que son histoire rend raison d’une foule d’événements contemporains et postérieurs, qui manqueraient de fondement et ne se relieraient plus entre eux si l’on supprimait un anneau de cette importance dans la chaîne his Il y a là un sujet d’analyses subtiles et des problèmes des plus curieux à résoudre, mais dont il semblerait par trop étrange qu’un algébriste essayât de trouver la solution. Il lui semble que, si l’idée du second phénomène est déjà impliquée dans celle du premier, il faut que le second phénomène lui-même existe objectivement, sous une forme ou sous une autre, au sein du premier phénomène. Ce n’est donc pas sur la répétition des mêmes jugements, ni sur l’assentiment unanime ou presque unanime, qu’est fondée uniquement notre croyance à certaines vérités ; elle repose principalement sur la perception d’un ordre rationnel d’après lequel ces vérités s’enchaînent, et sur la persuasion que les causes d’erreur sont des causes anomales, affectant d’une manière irrégulière chaque sujet qui perçoit, et d’où ne pourrait résulter une telle coordination dans les objets perçus. Or, nous comprenons que, pour répondre à l’idée que l’on doit se faire de la perfection de l’objet considéré, il faut 1° que sa forme annonce clairement l’usage auquel il peut être approprié, lors même qu’en réalité il ne devrait servir que d’ornement et comme simulacre de la chose plutôt que comme la chose même ; 2° que les conditions physiques résultant de ce même usage, par exemple les conditions de stabilité, soient évidemment satisfaites ; 3° que la subordination des parties accessoires aux parties principales ressorte nettement de leur mode d’association et de leurs dimensions relatives Bref, le processus par lequel nous comptons des unités et en formons une multiplicité distincte présente un double aspect : d’un côté nous les supposons identiques, ce qui ne se peut concevoir qu’à la condition que ces unités s’alignent dans un milieu homogène ; mais d’autre part la troisième unité, par exemple, en s’ajoutant aux deux autres, modifie la nature, l’aspect, et comme le rythme de l’ensemble : sans cette pénétration mutuelle et ce progrès en quelque sorte qualitatif, il n’y aurait pas d’addition possible. C’est encore elle qui doit nous apprendre si les notions et les idées qui résultent pour nous de l’exercice de toutes nos autres facultés, après qu’on a mis à l’écart toutes les causes fortuites d’illusion, après le redressement de toutes les anomalies accidentelles et individuelles, ne sont vraies que d’une vérité humaine, accommodée à la constitution de notre espèce, à la condition et aux lois de notre propre nature ; ou si, au contraire, ces facultés ont été données à l’homme pour atteindre, dans une certaine mesure, à la connaissance effective de ce que les choses sont intrinsèquement, et En un mot, notre moi touche au monde extérieur par sa surface ; nos sensations succes­sives, bien que se fondant les unes dans les autres, retiennent quelque chose de l’extériorité réciproque qui en caractérise objectivement les causes ; et c’est pourquoi notre vie psychologique superficielle se déroule dans un milieu homogène sans que ce mode de représentation nous coûte un grand effort. Si cette atmosphère interne (qu’on nous passe l’expression) existait effectivement, si nous avions seulement quelques motifs d’en soupçonner l’existence, il faudrait douter aussi de la légitimité des lois du mouvement diurne, y supposer une complication des lois qui régissent effectivement le phénomène, avec les lois d’après lesquelles la vision s’opère en nous. Premièrement, ces pays ne sont pas endettés et bénéficient d’un très bon « rating » auprès des agences de notations internationales. La belle simplicité des lois observées nous garantit assez l’absence de toute cause interne qui les compliquerait à notre insu. Et comme la représentation cons­tante d’un phénomène objectif identique qui se répète découpe notre vie psychique superficielle en parties extérieures les unes aux autres, les moments ainsi déterminés déterminent à leur tour des segments distincts dans le progrès dynamique et indivisé de nos états de conscience plus personnels. Il répugne à la raison d’admettre qu’un vice de conformation de l’œil humain, bien loin de troubler l’ordre et la régularité des phénomènes extérieurs, y introduisît l’ordre, la régularité, la simplicité qui ne s’y trouveraient pas, ou qui ne s’y trouveraient que dans un moindre degré de perfection. Aussi avons-nous la ferme conviction que l’observation ne nous induit point en erreur ; que les étoiles sont bien rapportées par nous à leurs véritables lieux optiques, après que nous avons tenu compte de la déviation causée par l’interposition de l’atmosphère, et de quelques autres perturbations provenant des mouvements dont la terre est animée, lesquelles sont elles-mêmes soumises à des lois régulières que la théorie parvient à démêler. Cueillons-en un ou deux exemples dans le théâtre de Labiche, où ils abondent. Le rêve nous place précisément dans ces conditions ; car le sommeil, en ralentissant le jeu des fonctions organiques, modifie surtout la surface de communication entre le moi et les choses extérieures. Nous avons tous joué autrefois avec le diable qui sort de sa boîte.

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